Viser l’international lorsque l'on possède un (ou plusieurs) sites web est un objectif tout à fait plausible. Encore faut-il que cette décision soit mûrie et planifiée car le référencement international est une discipline du SEO off-page à part entière qui demande une analyse poussée pour chaque pays ciblé concernant le langage, les habitudes de recherche et les comportements sur Internet.
Au cours de cet article, nous verrons ce qu'est le référencement international, comment mettre en place une stratégie de référencement international et les points important à vérifier pour réussir ce type de référencement.

Le référencement international, qu'est ce que c'est ?

On entend par référencement international, l'ensemble des activités qui consistent à optimiser le référencement d’un site web pour une audience spécifique appartenant à un ou plusieurs pays. Par opposition au référencement local, le référencement international pose deux problématiques majeures :

  • La géolocalisation par pays au sein des principaux moteurs de recherche
  • la gestion du contenu affiché aux utilisateurs dans les différentes langues.

Si le référencement international d'un site est réussi, c'est l'ensemble des versions multilingues de ce site qui en profite. Chacune des versions linguistiques va favoriser les autres sur les moteurs de recherche.
Supposons que la version anglaise d’un site soit très bien positionnée sur une requête et qu'elle génère beaucoup de trafic. Dans ce cas, on peut légitimement penser qu'un signal de pertinence sera envoyé aux autres versions du site par les moteurs de recherche. De ca fait, les autres versions linguistiques en profiteront et seront elles aussi, bien positionnées.

Enfin, lorsqu'un site est correctement optimisé du point de vue des alternatives linguistiques, le site générera sans doute plus de trafic, et donc, plus de business. Sachez que la cible francophone représente entre 100 et 120 millions d'acheteurs potentiels au niveau européen. Ajoutez les versions anglaises et allemandes et vous pourrez espérer atteindre jusqu'à 500 millions de consommateurs potentiels.

Mise en place de la stratégie

Analyser et connaître le marché cible

Cela ne vous étonnera pas, chaque pays a sa propre culture du web. Habitudes de surf, moteurs de recherche spécifiques, moyens de paiements peu ou très développés, réseaux sociaux locaux, ce sont des paramètres à prendre en compte dans l'élaboration d'une stratégie de référencement internationale car ces particularités impacteront les comportements de recherche des internautes, la perception d’un site et de son design, les terminaux utilisés pour naviguer, etc.


Exemple

Si vous vendez des téléphones portables, vous parlerez de "smartphone" en France, de "téléphones intelligents" au Québec, de "GSM" en Belgique, de "Mobile" en Grande-Bretagne ou encore de "Handi" en Allemagne.

Pour les candidats au e-commerce, il est important de savoir que les internautes chinois achètent très peu sur les sites des marques mais préfèrent les grosses plateformes e-commerce telles que JD.com ou Alibaba.


Avant de démarrer, il faut donc connaître, maîtriser et intégrer toutes ces particulariés en amont du projet de référencement international du site.

Le choix du nom de domaine

Encore plus que pour le marché "domestique", le format du nom de domaine est extrêmement important pour le positionnement et la notoriété du site à l'international. Nous allons voir qu'il existe trois solutions dans ce cas de figure.

  • Un nom de domaine par pays

    mon-site-web.fr, mon-site-web.de, mon-site-web.ca

    Cette solution est de loin, la plus performante en terme de référencement car elle permet une réelle adaptation aux pays ciblés. Néanmoins, c'est une option assez coûteuse en termes de gestion car cela implique de devoir réserver l'extension du nom de domaine pour tous les pays ciblés.

  • Un sous-domaine par pays

    fr.mon-site-web.com, de.mon-site-web.com, ca.mon-site-web.com

    Dans ce cas de figure, il n'y a qu'un nom de domaine à acheter et à gérer. Concernant l'aspect référencement, le ciblage géographique sera plus précis et moins onéreux que la solution précédente. Par contre, le positionnement pourra être plus lent qu’avec un nom de domaine et une extension dédiée.

  • Un sous-répertoire par pays

    mon-site-web.com/fr, mon-site-web.com/de, mon-site-web.com/ca

    Cette solution est également très peu coûteuse puisqu'il n'y a qu'un seul nom de domaine à acheter et à gérer. Revers de la médaille, ce type de stratégie permet rarement d'obtenir de bonnes performances du point de vue du référencement international.

    La décision quand au choix final du format du nom de domaine nécessite avant tout une véritable réflexion. Pour répondre à ce choix, vous devrez tenir compte de multiples paramètres, tels que vos objectifs, vos moyens humains, techniques et budgétaires. Il peut être également judicieux d'observer quels ont été les choix faits de vos concurrents en la matière avant de vous décider.

Un netlinking international

Le lien est au référencement ce que l'argent est au business : c'est le nerf de la guerre. C'est le levier le plus puissant, le plus complexe et donc le plus efficace en matière de référencement.
Dans le cadre d'une stratégie de référencement international, il faut s'appliquer à drainer des liens depuis les pays que vous ciblez vers la version de pays ou de langue de votre site.

Pour chaque pays ciblé, vous devrez lister quels sont les sites de confiance, les sites qui peuvent être des partenaires, quels sont les meilleurs annuaires locaux et les sites d’avis de qualité pour tenter d'y placer des liens vers votre site.

Les moteurs de recherche locaux

Avec une part de marché supérieure à 90%, la suprématie de Google est totale en Europe, et ce malgré l’arrivée de petits nouveaux comme StartPage, Qwant ou DuckDuckGo. Ce que l'on sait moins, c'est que la situation est un peu plus contrastée sur d’autres pays ou continents. Yandex truste environ 60% des recherches dans les pays russophones, alors que Baïdu s'octroie les deux tiers (65%) du marché chinois. Même aux États Unis, la domination de Google est contesté puisque le duo Bing et Yahoo représente environ un tiers des requêtes.

Même si l'ensemble des moteurs de recherche fonctionnent tous plus ou moins de la même manière concernant le référencement naturel, il est bon de savoir que certains moteurs ont des particularités qui leur sont propres.


Yandex, le moteur russe

Si vous ciblez un pays russophone, vous devez absolument être bien référencé sur Yandex pour réussir votre projet. On estime qu'environ 300 millions de personnes à travers le monde parlent russe. Aussi, être visible sur Yandex peut être un objectif majeur pour votre e-business.
Tout comme Google, Yandex favorise l'ancienneté et l'autorité du nom de domaine ainsi que les sites utilisant un nom de domaine en .ru

Alors que Google met à jour ses pages de résultats de manière dynamique, celles de Yandex se font par le biais de trois principales mises à jour :

  • les liens dans le site,
  • les contenus affichés sur le site,
  • les facteurs comportementaux.

En clair, cela veut dire que Yandex affiche des résultats de recherche relativement stables, jusqu'au déploiement de l’une de ces trois mises à jour.
Pour les personnes qui désirent en savoir beaucoup plus à propos du référencement sur Yandex, je les incite à lire l'excellente intervention 50 nuances de référencement sur Yandex présentée par Alexseo lors du SEO Campus 2014.


Baïdu, le moteur chinois

Pour être visible sur Internet en Chine, cela passe obligatoirement par Baïdu. Ici Google ne pèse que 2% du marché des requêtes, autant dire qu'il faut tout réapprendre. Mais ce n'est pas tout, vous allez voir que pour être apprécié par le moteur chinois, vous allez devoir vous plier à certaines exigences locales.

  • Un hébergement chinois : Baïdu favorise notablement les sites qui sont hébergés en Chine (et désavantage les autres). Cela nécessite d'avoir un numéro ICP auprès des autorités qui ne s'obtient qu'en ayant une représentation physique sur place !
  • Un nom de domaine chinois : là encore, vous allez devoir obtenir une extension de domaine en .cn afin d'améliorer très sensiblement votre trustrank aux yeux de Baïdu. Le fin du fin sera d'avoir un nom de domaine écrit en mandarin, même si Baïdu sait lire l'anglais.
  • HTTP ou HTTPS : Baïdu a annoncé que le protocole sécurisé allait faire partie de ses critères d'indexation, même si la très grande majorité des sites référencés par le moteur chinois sont encore en HTTP.
  • Labellisation du site : Faire vérifier son site par Baidu permet d'obtenir une labellisation de celui-ci dans les SERPs. Il existe trois niveaux de certification sur Baïdu. Le premier niveau (V1) s'obtient directement en ligne et moyennant 60 €. Le second niveau nécessite lui une investigation de la part du moteur chinois et un investissement de votre part d'environ 800 €. Le troisième niveau ne s'achète pas. Baïdu a ainsi inventé le référencement naturel payant...

Les autres critères de référencement sont identiques à ceux que nous connaissons en Europe : netlinking impératif, balises description, H1, optimisation des images, etc. sont à soigner également pour être bien vu par et sur Baïdu.

Pour les personnes qui désirent en savoir beaucoup plus à propos du référencement sur Baïdu, je les incite à consulter les nombreuses ressources du site https://autoveille.info tenu par Véronique Duong qui est l'auteur d'un ouvrage de référence sur le sujet.

Les points importants à vérifier

Avant de terminer cet important chapitre, j'attire votre attention sur quelques points importants concernant le référencement international. En effet, comme une banale erreur pourrait mettre à mal et ruiner vos efforts en la matière, je vous invite à ne pas prendre de risques et à lire ce qui suit.

Se contenter de traduire le contenu

Non, cela ne suffira pas pour avoir une version correctement optimisée de votre site dans l'optique d'une stratégie de référencement international. Il faut impérativement adapter vos contenus aux spécificités locales et régionales pour être crédible.

Un hébergement local

Si votre site est hébergé en France et que vous ciblez le Québec, il y a fort à parier que les internautes canadiens mettront plus de temps à accéder à vos pages que vous. Les plus patients attendront sagement devant leur écran en train de charger la page tant dis que l'immense majorité sera déjà arrivée sur les sites de vos concurrents.

Dans la mesure du possible, faites héberger la version du pays ciblé par un hébergeur local. A défaut, optez pour un CDN qui permet d'offrir des services délocalisés d'hébergement.

Pas de redirection automatique

C'est sans doute l'une des erreurs les plus fréquentes que de vouloir rediriger automatiquement le visiteur selon la langue de son navigateur ou de sa position géographique via son IP. D'abord, Google recommande officiellement de ne pas le faire mais surtout, Googlebot ne parle et ne comprend aucune langue ! Enfin, ce type de redirection aiguillera surement une bonne partie de vos internautes vers de mauvaises pages et empêchera les robots des moteurs de recherche de trouver les différentes versions de votre site.

Lier les pages traduites entre elles

Lorsque votre site sera intégralement traduit, le système de navigation de votre site devrait logiquement proposer de basculer d’une langue à l’autre.
Si un internaute français arrive sur une de vos pages en anglais et qu'il souhaite accéder à cette même page mais en français, ne le renvoyez surtout pas sur la page d’accueil en français mais bien sur la traduction de la page en cours.

La balise Hreflang

L'utilisation de la balise Hreflang peut être un moyen assez simple pour internationaliser un site existant sans avoir à le restructurer totalement.
Dans ce cas, il faut particulièrement veiller à ce que chaque page du site fasse référence à toutes les versions traduites, y compris elle-même.

Afin d'y voir plus clair, illustrons ceci par un exemple :
Le code source de la page https://www.www.mon-site-web.com/fr/page-du-site.html devra afficher les balises suivantes :

<link rel="alternate" hreflang="fr-fr" href="http://www.www.mon-site-web.com/fr/page-du-site.html" />
<link rel="alternate" hreflang="en-gb" href="http://www.www.mon-site-web.com/en/page-of-the-site.html" />
<link rel="alternate" hreflang="fr-be" href="http://www.www.mon-site-web.com/en/page-de-mon-site.html" />
Quelques précisions à propos de cette balise

Il est fort probable que vous allez devoir gérer quelques exceptions pour déterminer quelle page par défaut afficher pour l'internaute arrivant sur votre site. Pour un visiteur français, vous voudrez lui afficher la page FR mais pour tous les autres visiteurs, vous souhaiterez afficher la page EN (par exemple). Dans ce cas, il faudra utiliser la propriété « x-default » comme ceci :

<link rel="alternate" href="/XX" hreflang="x-default" />

Notez que le format de langue pris en compte est le : ISO 639-1

L'intégralité des codes ISO 639-1 est disponible ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_codes_ISO_639-1

Pour générer vos balises Hreflang facilement, vous pouvez utiliser https://www.aleydasolis.com/english/international-seo-tools/hreflang-tags-generator//

L'outil https://flang.dejanseo.com.au vous permet de tester votre marquage hreflang.

La balise rel=’canonical’

Vous devez porter une attention toute particulière face aux possibles erreurs d’indexation que peut générer la balise rel=’canonical’. Dans le cas contraire, il y a fort à parier que votre balise rel=’canonical’ indiquera comme URL canonique une page dans votre langue par défaut, et ce, quelque soit la version du site.

Pas de duplicate international

Un même contenu affiché en français et en anglais sur le même site n’est absolument pas un contenu dupliqué. Même cas de figure pour un contenu rédigé en français et publié sur plusieurs sites, chacun à destination d’un pays différent car Google affirme ne pas traiter cela comme du contenu dupliqué (source: Sites multirégionaux et multilingues - Aide Google Search Console).
Dans ce cas, le même contenu affiché sur https://www.mon-site.fr/mon-article.html et sur https://www.mon-site.be/mon-article.html ne sera pas considéré par Google comme étant dupliqué.
Vous pouvez donc demander l’indexation des différentes versions sans craindre de sanctions.

Pour aller plus loin

Je vous recommande vivement la lecture des articles suivants issus de l'aide Google Search Console afin d'approfondir le vaste sujet du référencement international :

Conclusion

Vous connaissez maintenant tous les avantages et les subtilités du référencement international pour votre site Joomla.
Le communiqué de presse représente encore une option à considérer pour votre référencement, même si cette technique a quelques désavantages. N'oubliez pas ses avantages indirects comme le trafic référent, la notoriété, l’autorité etc. En résumé, le communiqué de presse doit faire partie de votre stratégie de référencement mais pas la constituer.

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+33 674 502 799

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